Danses, fêtes et rites

Le Ballet national du Sénégal se produit au Théâtre Daniel Sorano de Dakar, qui est sa base. Il y a quelques années, Maurice Béjart avait créé au Musée Dynamique de la Grande Corniche l’école de danse Mudra Afrique qui, depuis, a été dissoute. Mais son ancienne directrice, Germaine Acogny, n’a pas pris sa retraite pour autant et donne des cours, notamment en Casamance (département de Bignona), lors de stages. Les professionnels du Ballet national et ceux qui ont été formés par Mudra sont évidemment d’une qualité qui surpasse de loin les innombrables troupes qui se produisent dans les villages, et plus particulièrement dans les hôtels. Il arrive cependant que certaines soient excellentes, comme celles qui viennent animer les soirées de Sali ou du Club du Baobab à la Somone.

Mais tout cela est cependant assez différent de ce que l’on peut voir au cours des fêtes traditionnelles qui se déroulent dans les divers régions.

En Casamance, outre les fêtes de circoncision qui ont lieu chaque année en avril ou en juillet dans l’un ou l’autre village, citons le « Houmabeul », à Oussouye, en septembre ; l’< Evaguène », sans date fixe, à Siganar. Le « Kamaguène » célèbre la fin de la récolte du riz, à Kagnoute, mais aussi ailleurs. D’une manière générale, la fin des récoltes et les fêtes d’initiation donnent lieu à des danses frénétiques auxquelles participent même les vieillards. A ceux qui s’étonnent de l’extraordinaire résistance des danseurs, révélons l’existence du « bunkayab », boisson à base de mil et d’écorces d’arbres… qu’on ne leur proposera pas.

Les mêmes rites sont observés chez les Bassari, dans le Sénégal oriental, qui, tous les dix ans, célèbrent pendant quatre jours la fête du Caméléon, animaltotem et ancêtre de l’ethnie. Mais l’extraordinaire convivialité des Bassari les incite à ne pas attendre d’occasion spéciale pour se réunir et s’affronter avec des rasades de bière de mil à assommer un boeuf: leurs voisins affirment que pour un oui ou pour un non, plusieurs fois par mois, chez eux c’est la fête!

Les Mandingues de Haute Casamance célèbrent aussi la fin des récoltes et organisent en mai une grande pêche dans la mare de Ghanikoye, à 38 km de Tambacounda.

Les Bëdik de l’arrondissement de Bandafassi, près de Kédougou, sont fidèles au « Wourival », fête de préparation des terres à cultiver, en avril mai. Chez tous les Tenda (qui comprennent ces Bëdik, les Bassari et les Koniagui), tous les cinq ans, le « Niathougal » est consacré aux femmes, comme le « Gamond », rite de fécondité, autour de Bandafassi.

Le « Nio néné » représente l’action de grâces que rendent les Malinkés du Niokolo aux divinités qui ont permis une bonne récolte, particulièrement à Mako (sortie sud est du Parc), en mars.

Dans le département de Bakel, des cérémonies d’ouverture de la pêche se concilient les faveurs des génies des eaux, sur le marigot de Lothiande ou sur la Falémé, près du Sénoudébou. A Bakel même, se déroule en décembre une semaine culturelle, avec courses de pirogue et reconstitution des fêtes d’initiation.

A Touba Toul, au dessus de Khombole, et à Ndingler, dans la région de Thiès, le « Fil » se situe juste avant la saison des pluies et a pour but de rendre celles ci abondantes.

Très différente est la fête du « Fanal », née à Saint Louis, puis pratiquée à Gorée, Dakar et même Ziguinchor, bien qu’elle s’estompe. Devenue peu à peu un défilé de chars comparable à nos carnavals, il s’agissait simplement au départ de lanternes, rivalisant d’ingéniosité et de raffinement dans la décoration, portées par les esclaves de Saint Louis pour éclairer le chemin des Signares se rendant à la messe de minuit à Noël. Au musée de Banjul, en Gambie, on peut voir certaines de ces lanternes, réalisées avec le concours des femmes d’un quartier donné ou d’une association.

Plus ou moins abandonnée à SaintLouis, la fête du Fanal a de nouveau eu lieu en 1989, sous l’impulsion notamment des hôtels de la Résidence et de la Poste. Espérons qu’elle se perpétuera.

Sont également célébrées par les chrétiens la Saint François Xavier à Fadiouth, la Saint Charles à Gorée, la Sainte Thérèse à Louga. Le lundi de la Pentecôte, un grand pèlerinage se rend à Popenguine dans la grotte miraculeuse de la Vierge.

A Gamparou, près de la Somone, on honore également un saint incognito qui, au XVIIe siècle, aurait fait naître une fontaine miraculeuse guérissant l’éléphantiasis.

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