Fêtes musulmanes et animistes

Les musulmans, de leur côté, ont leurs fêtes. La « Korité » tombe le dernier jour du Ramadan. La « Tabaski », ou fête du mouton, est une véritable fête nationale, célébrée absolument partout. Inutile de vouloir voyager ce jour là : les rares bacs qui subsistent encore ne fonctionnent pas, les transports en commun sont très aléatoires et, dans les hôtels, il arrive que le personnel se transforme en parfaits zombies pendant 24 heures ! La Tabaski commémore le jour où Abraham, résigné à sacrifier son propre fils sur les ordres de Dieu, vit à la dernière minute un mouton se substituer à celui ci : on se demande pourquoi les chrétiens, qui ont la même anecdote miraculeuse dans leur livre saint, ne célèbrent pas aussi le Tabaski!

Il faut encore citer le « Gamou », anniversaire de la naissance de Mahomet, qui s’accompagne de pèlerinage à Tivaouane, puis à Ndiassane ; le «Magal », en l’honneur du retour d’exil d’Ahmadou Bamba, le fondateur de la confrérie des Mourides ; la « Tamkahrite », début de l’année hégirienne.

Mais ni les fêtes musulmanes, ni les fêtes chrétiennes ne peuvent rivaliser avec celles des animistes les danses auxquelles celles ci donnent lieu, les danseurs eux mêmes, revêtus d’ornements et de masques d’une grande variété, représentent des flamboiements de couleur et de véritables explosions de vie. Si le spectateur, au lieu de se laisser obnubiler par les photos à prendre, s’abandonne à l’ambiance, il comprend plus facilement le rôle salutaire de ces rites qui conjurent les forces occultes extérieures à l’individu, exorcisent ses démons intérieurs et, surtout, cimentent la cohésion du groupe qui célèbre la fête et les font communier par l’absorption rituelle des animaux sacrifiés.

Rassemblements d’aujourd’hui

Ils sont de tous ordres : événements purement culturels, comme les spectacles du théâtre Daniel Sorano, plus particulièrement pendant la saison sèche, ou comme les expositions artistiques, politiques ou économiques, dans l’enceinte du Centre international de Congrès à Dakar.

Annoncés dans le grand quotidien « Le Soleil », ils valent la peine bien souvent d’être suivis, au moins partiellement, puisqu’ils permettent de mieux comprendre toutes les couches de la société sénégalaise. Parmi eux, il ne faut pas négliger ni les matchs de football, ni les séances hebdomadaires de luttes sénégalaises, ni même celles des cinémas dans les quartiers populaires où le spectacle est généralement dans la salle.

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