Que rapporter
La parure
Comment ne pas être séduit par les éblouissantes tenues des Sénégalaises, pourtant d’une simplicité de coupe exemplaire ? Tout réside dans le tissu, matière ou coloris, ainsi que dans les broderies, et rien n’est plus facile que de trouver un joli pagne ou du bazin uni, de le porter chez un tailleur minute et chez un brodeur qui prendra à peine plus de temps pour réaliser un ravissant boubou ou une robe camisole. Attention néanmoins au choix de ce tissu ce qui est parfait sur une peau foncée, lisse, unie et sous un soleil éclatant tient parfois du déguisement sur un teint pâle et sous d’autres cieux. Heureusement, certaines impressions, plus discrètes que d’autres, conviennent parfaitement aux Européennes et aux cités nordiques. C’est le cas de toute une gamme de pagnes, teints selon une technique et des produits locaux, à motifs bleus sur fond blanc, qui d’ailleurs se plient à toutes les formes et tous les usages, du pantalon.., à la nappe ou au couvre lit.
Mais nous avons déjà vu qu’il existe maintenant à Dakar de véritables maiSons de couture qui ont créé une mode originale, ainsi que des magasins de prêtà porter proposant ou le même genre de modèles ou des boubous et robes camisoles plus élaborés que ce qu’il est possible de trouver sur les marchés.
Bijoux et fixés sur verre
En ce qui concerne les bijoux, ils sont de deux sortes : ou en or et argent, travaillés en filigrane, vendus dans les boutiques de bijoutiers, sur les marchés, à la cour des Maures de Dakar, ou en perles, parfois anciennes (il est possible d’en trouver au détail au marché Tilène de Dakar, à ceux de Saint Louis, parfois de Kaolack), souvent fantaisie en verre, en bois, en terre émaillée, etc. et mêlées avec des coquillages, des graines, des vertèbres de poissons.
Ces colliers de trois sous, souvent décoratifs, se trouvent sur les marchés. A Gorée, plusieurs artisans en proposent de ravissants, dans la rue ou sur le port, notamment une « griote », installée aux abords des restaurants. A Niodior, dans le Saloum, les femmes font preuve de beaucoup d’imagination pour utiliser au mieux les matériaux naturels qu’elles ont sous la main.
Bien que difficiles à transporter à cause de leur fragilité, les fixés sur verre, que l’on trouve essentiellement à Dakar, Gorée ou à Niodior, valent la peine d’un petit effort (en acheter deux, les emballer face à face avec une couche épaisse de papier entre eux et tout autour), tant ils « témoignent », souvent avec esprit, de la vie sénégalaise, depuis le siècle dernier jusqu’à l’époque actuelle. On peut même dire que l’on assiste à une recrudescence considérable du genre. Il y a quelques années, il fallait aller chez les différents antiquaires de la rue Mohammed V, à Dakar, dans une boutique, rue Saint Germain, à Gorée ou à Niodior, chez le peintre en bâtiment Senghor, pour en trouver, soit d’anciens (très chers), soit des contemporains. Aujourd’hui, des quantités de peintres s’y sont mis avec un bonheur très inégal et on en voit vendus dans les rues de Dakar (particulièrement à l’extérieur de la cour des Maures et avenue Albert Sarraut). Même si leurs couleurs sont souvent agressives, l’imagination et le sens de l’observation dont ils font preuve leur confèrent malgré tout un charme certain.
En ce qui concerne les enseignes, il n’y a guère que chez deux des antiquaires de la rue Mohammed V qu’oft peut encore en voir et en acheter (« Minigalerie » et « Orisha »).
On ne se lasse pas de les regarder tant elles sont drôles, aussi bien par les silhouettes caricaturales de leur dessin que par les textes.
Objets pour la maison
Le marché Kermel s’est fait une spécialité des objets en vannerie, et l’on y voit en effet de jolis paniers et même des cages à oiseaux, mais on peut en trouver d’aussi beaux dans presque toutes les régions, notamment au Marché SaintMaur ou dans le Centre artisanal de Ziguinchor. Dans ce dernier, à des prix fixes qu’on ne marchande pas, existent une grande variété d’objets en bois sculpté, des tissus, des poupées, des bijoux, alors que dans le premier, il faut surtout chercher les petits sujets et les coupes en poterie, de même qu’à Bignona ou à Oussouye.
A Niodior, décidément riche en artisanat, les hommes vendent des peignes et des panneaux décorant la proue de leurs pirogues, en bois de vène sculpté, extrêmement décoratifs.., et très faciles à transporter.
Masques et poupées
Il n’existe au Sénégal aucune tradition de masques en bois, comme ceux de pays voisins tels que le Mali ou la Guinée. Bien entendu, on trouve dans presque toutes les boutiques de souvenirs des copies approximatives de ce qui existe ailleurs, copies faites à la chaîne et qui ne sont que de pauvres choses, réalisées sans inspiration, sans goût, sans savoir faire, véritables caricatures d’objets ayant, eux, une âme ! Quant aux masques de matières végétales utilisés par les Bassari et par les Diola, il est rarissime d’en trouver. En revanche, au marché de Cap Skirring, ou en pays Bassari les masques calendriers (un pour chaque jour de la semaine) correspondent à une coutume authentique. Au Sénégal oriental, il existe encore des poupées de fécondité, en bois, et des chaînes de mariage, spécialement à Etiolo, ainsi que de la vannerie ajourée, des tabourets de bois ou des mortiers. Chez les voisins bëdik, autour de Bandafassi, on verra différents objets de fer forgé, ainsi qu’en bois sculpté.
Restent, sur tous les grands marchés, comme à Kaolack, une quantité de « choses » imprévisibles qui ont atterri là après de longues pérégrinations et que l’on découvre avec d’autant plus de ravissement qu’on ne s’y attendait pas. D’où la nécessité de fouiller avec patience dans des boutiques ou des éventaires ne payant pas de mine. Bonne chasse!