Ville de Ziguinchor
La séduisante Casamance ne pouvait avoir de capitale plus digne d’elle que cette ville dont les larges avenues, ombragées d’arbres magnifiques, accueillent des oiseaux aussi rares dans les paysages urbains que des cigognes ou des flamants ! Dans les rues commerçantes, des maisons à arcades abritent des étalages presque aussi colorés que certaines des façades et que les fleurs des bougainvilliers qui ornent tous les jardins.
Sur ce décor dynamique, car il y a toujours une petite brise pour faire bouger les feuilles et un achat pour modifier un éventaire, vient se poser en surimpression le ballet des boubous et des pagnes dont les teintes violentes s’accordent particulièrement bien avec un tel cadre.
Ziguinchor est une fête il flotte ici comme un air de vacances, non seulement parce que beaucoup d’étrangers y viennent effectivement pour s’y combler de farniente, mais parce que personne, en Casamance, ne se soucie de vivre au rythme frénétique de Dakar !
Le grenier du Sénégal
Ce qui ne veut pas dire que les habitants passent leur temps à s’amuser. Des six départements affluent le riz, l’arachide, les fruits, les légumes, le coton, le poisson. Ils seront transportés vers le nord par camion ou par bateau : la Casamance, qui se considère volontiers comme une entité à part entière, assez peu « sénégalisée », ne perd pas une occasion pour affirmer que, sans elle, les gens du Nord ne mangeraient pas à leur faim!
C’est d’ailleurs pour cela qu’il était si impératif de remédier à l’enclavement de la région, coupée du reste du pays par la Gamble, le pays et le fleuve. Non seulement les camionneurs sont soumis aux formalités plus ou moins longues de douanes, mais, pour franchir le fleuve, ils doivent obligatoirement passer par la Transgambienne et faire la queue… quelquefois pendant plusieurs jours, avant de réussir à monter sur le bac, souvent en panne. Le bitumage, il y a quelques années, de la route ZiguinchorTambacounda et de celle reliant cette ville à Dakar a déjà représenté une amélioration, malgré le trajet beaucoup plus long.
Depuis peu, le bac de Ba/in gho s’est trouvé un compagnon : la queue des voitures a donc considérablement diminué. D’autant que le récent bitumage de la route reliant Banjul à Bignona, où elle rejoint la Transgambienne, a également grandement amélioré la situation: de plus en plus de taxis de brousse vont maintenant jusqu’à la frontière gambienne, du côté de Banjul où les voyageurs, après avoir traversé le fleuve par bac, sans difficultés, trouvent, de l’autre côté, des moyens de transport les conduisant rapidement jusqu’à Ziguinchor.
Dernière amélioration souhaitable : un pont sur la Gambie ! Seule une consolidation des rapports sénégalo gambiens, pas toujours parfaits malgré la création de la Sénégambie, permettra un jour d’en arriver là , car il est évident que les Gambiens tirent un rapport substantiel de leurs bacs.
De nombreuses excursions
Mais tout cela n’empêche pas les visiteurs d’affluer. D’ailleurs, le fait, pour certaines compagnies de charters comme Uniclam, de prendre Banjul comme destination plutôt que Dakar, facilite beaucoup le voyage de ceux qui ne veulent séjourner qu’en Casamance. Il est question également d’une transformation de l’aéroport de Ziguinchor pour lui permettre d’accueillir les plus gros avions. D’ores et déjà , la ville comporte un équipement hôtelier très complet, de l’hôtel de grand luxe au campement le plus simple. On peut donc aisément la prendre comme base pour un certain nombre d’excursions dans les environs immédiats. Car la région ne manque pas d’autres bases, fameuses, comme Cap Skirring, et magnifiquement équipées ou, beaucoup moins luxueuses, mais commençant également à être renommées, comme les campements du circuit de découverte.
En ville même, en dehors de promenades toujours agréables, notamment dans le quartier de la Gouvernance et du palais de Justice, ainsi qu’au port où l’on trouvera de nombreux piroguiers proposant des excursions de la journée ou de la demijournée, les deux principaux points à voir, d’ailleurs dans la même direction, sont le marché Saint Maur, extrêmement pittoresque, et où l’on trouvera, entre autres, des poteries remarquables, puis, plus loin sur la même avenue, le Centre artisanal.
Dirigé par Adama Goudiaby qui fut longtemps responsable du circuit de découverte le centre donne à la fois l’occasion de le rencontrer et d’obtenir tous les renseignements nécessaires sur les campements, tout en offrant de nombreux stands où sont exposés des objets artisanaux.
Depuis Ziguinchor, avec une voiture, les deux circuits classiques à faire de part et d’autre de la ville en une demi journée sont : celui des Bayottes (60 km), par la route de Mpak en direction de la Guinée Bissau, jusqu’à Bourofaye, puis Dioré et la R 20. On y verra notamment une belle forêt de tecks ; le circuit de Bissine (environ 85 km) par la D 217, passant par Barn badinka, Boutoupa, avec retour par la N 6.
De Ziguinchor, à vrai dire, on peut aller dans la journée en n’importe quel coin de Basse Casarnance, si l’on a une voiture à sa disposition : Cap Skirring, Oussouye, puis Elinkine et l’île de Karabane; la forêt des Kalounayes avec retour par Koubalan, etc.
Mais on a évidemment intérêt à séjourner dans un ou deux points éloignés pour mieux voir leur zone respective. En revanche, de Ziguinchor, il faut absolument aller par pirogue jusqu’au très beau village d’Affiniarn (où l’on pourrait cependant coucher, puisqu’il comporte un campement) avec retour par l’île de Djilapao.
Un guide piroguier
Pour ce genre d’excursion, on a intérêt à s’entendre avec un piroguier qui vient tous les jours à l’hôtel du Tourisme recruter ses clients : il a mis au point de bons itinéraires, se charge de rassembler suffisamment de personnes pour que la journée ne revienne pas trop cher à chacun et se donne beaucoup de mal pour raconter ce qu’il sait sur la flore ou les traditions des villages qu’il fait visiter.